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Résistance au nazisme: le Cercle de Kreisau
Publié par alexdesilesie dans Histoire: allemagne
Le cercle de Kreisau était un cercle de discussion et de réflexion constitué d'amis unis par le rejet du régime hitlérien et soudé par la volonté de préparer le renouveau de l'Allemagne post-hitlérienne. Ce cercle compte, de 1938 (depuis la crise des Sudètes) jusqu'à l'attentat du 20 juillet 1944, vingt membres actifs et environ vingt sympathisants. Son nom de "cercle de Kreisau", qui lui a d'ailleurs été assigné par la Gestapo, se réfère au lieu de rencontre du cercle de discussion, le domaine de la famille von Moltke, situé à Kreisau, en Silésie. C'est là que se retrouvent,de 1940 à 1943, des fonctionnaires, des ecclésiastiques des deux confessions chrétiennes, des officiers ainsi que des politiciens sociaux-démocrates et conservateurs. Une grande partie des membres du cercle avait appartenu à des mouvements de jeunesse qui mettaient l'accent sur le dialogue entre les générations et les différentes couches sociales, en organisant des camps et des activités en plein air qui permettaient aux enfants de fréquenter des gens de tous les milieux et de tous les âges. Cette expérience a donné à ce cercle son profil caractéristique, qui consistait en la consultation mutuelle de personnes issues d'horizons divers, en un échange alliant expérience et idées progressistes.
Helmuth von Moltke avec son fils Caspar Von Moltke, qui n'hésite pas à énoncer ses critiques ouvertement, condamne dès le début l'ascension et la prise du pouvoir de Hitler. Le régime nazi est à l'encontre de sa vision humaniste fondée sur l'éthique chrétienne. Déjà avant la prise de pouvoir de Hitler en 1933, il avait mis en garde son entourage contre le NSDAP et Hitler. Il était déjà convaincu que Hitler, une fois parvenu au pouvoir, représenterait un danger de guerre immédiat. Très tôt, il est au courant des crimes commis par le régime nazi en Pologne, envers les prisonniers de guerre et les juifs en Europe. En octobre 1942, il apprend l'existence des "fourneaux SS" où étaient "traités" 6 000 personnes par jour. En janvier 1943, von Moltke, se rend à Munich pour rencontrer les pères Augustinus Rosch, Lothar König, Alfred Delp (jésuites adhérant au cercle de Kreisau dont le dernier cité a été tué après l’attentat manqué)
L’avocat Muller, l’homme qui faisait la liaison avec le Vatican, a parlé du plan avec le cardinal Michael Faulhaber, lequel a tacitement donné son accord. Von Moltke est arrêté au début de l'année 1944, condamné à mort le 11 janvier 1945 et exécuté le 23 janvier 1945. Peter Graf Yorck von Wartenburg, un cousin lointain de von Moltke, qui avait également fondé en 1938 un groupe de résistance rejoint le cercle début de l'année 1940. Au début, comme beaucoup de ses pairs, le jeune juriste a vu dans le national-socialisme une chance de surmonter l'humiliation du peuple allemand après la défaite de 1918. Mais avec le temps, la violence, l'injustice et le traitement de la population juive lui ouvre les yeux sur le véritable visage de l'idéologie nazie. Dés 1938, il se met à la recherche de gens partageant ses idées. C'est au printemps 1940 que Yorck et von Moltke se revoient lors d'une rencontre familiale, et qu'ils échangent leurs avis et préoccupations. Par la suite, ils font connaissance de leurs cercles d'amis respectifs, ce qui fait s'agrandir entre 1940 et l'automne 1941 le cercle de Kreisau. C'est dans la maison de Peter Graf Yorck von Wartenburg à Berlin-Lichterfelde qu'a lieu la plus grande partie des rencontres de discussion. En 1942, il est incorporé dans la Wehrmacht, ce qui lui permet de fortifier et d'élargir ses contacts avec des opposants du régime au sein de l'appareil militaire. on ne peut pas dire qu'il s'agissait d'un cercle religieux. Certes, les valeurs chrétiennes sont une base fondamentale de discussion, mais ce sont surtout des thèmes étatiques, économiques et culturels qui prévalaient dans les débats. Ce groupe n'est pas pour autant un cercle d'intellectuels sans relation avec la pratique, car tous les membres sont confrontés dans leur vie professionnelle et dans leurs engagements personnels aux réalités de l'existence et font preuve de réalisme. A la suite de l'arrestation de von Moltke en janvier 1944, il propose ses services à Claus Schenk Graf von Stauffenberg pour la préparation et l'exécution du putsch du 20 juillet 1944. Il est arrêté pendant la nuit du 20 au 21 juillet, quelques heures après l'attentat, et est exécuté le 8 août 1944. En 1938, les résistants comprennent qu'il est illusoire de tenter un putsch contre Hitler, étant donné qu'une grande partie de la population soutient le dictateur après l'Anschluß et l'annexion des Sudètes. Ils se rassemblent pour essayer de concrétiser un renouveau de l'Allemagne, et prennent contact avec des spécialistes divers pour discuter les fondements d'une nouvelle Allemagne post-hitlérienne. Le lien qui unissait les membres du cercle était le refus du régime national-socialiste et la protestation - motivée pour la plupart des résistants par l'éthique chrétienne - contre les crimes de ce régime et la guerre, beaucoup d'entre eux ayant fait l'expérience douloureuse de la Première Guerre Mondiale. Les membres du cercle de Kreisau se représentaient l'Allemagne post-hitlérienne comme un État démocratique et civil, un État de droit assurant le respect des droits de l'homme. Le droit au travail et la socialisation du secteur économique étaient deux autres principes fondamentaux pour le nouvel État, dans lequel la propriété privée serait protégée, mais où les unités de production les plus importantes seraient pour le bien commun entre les mains de l'État. Les citoyens, et c'est là que réside l'aspect le plus moderne du "programme" du cercle de Kreisau, devaient pouvoir bénéficier de libertés et d'une large responsabilité dans la nouvelle Allemagne. Celle-ci, débarrassée du modèle du Deuxième Reich d'un État autoritaire, devait être reconstituée à partir de la base, c'est à dire que l'État devait reposer sur des petites communautés bénéficiant d'une autonomie administrative. Cet aspect dénote la méfiance conservatrice à l'égard des sociétés de masse modernes. Mais ceci ne représentait en aucun cas un repli sur soi. Le cercle de Kreisau, qui défendait des valeurs humaines, s'opposait à ce que l'Etat soit dominé par l'économie, et souhaitait que la nouvelle Allemagne soit ouverte au monde occidental, dans la perspective d'une union européenne. Mais avant tout, l'État allemand devait être renouvelé de manière démocratique en commençant par la base. Von Moltke et Yorck savaient que les Allemands auraient besoin d'une éducation pour apprendre à faire bon usage de leur nouvelle liberté, dont ils avaient été démunis pendant plus d'une décennie. Ceci ne pouvait selon eux se réaliser sans les principes éthiques chrétiens. C'est pour cette raison que le cercle n'était pas en faveur d'une séparation stricte de l'Église et de l'État, parce que les Églises catholique comme protestante devraient être ancrées dans une société oecuménique et y agir en tant qu'instances politiques et morales. Le citoyen serait alors en mesure de s'épanouir et de découvrir ainsi par lui-même l'ordre naturel, puis d'œuvrer vers sa réalisation dans la société. Pour réaliser ce renouveau de la société et de l'État à partir du bas, les membres du cercle voulaient transformer l'appareil administratif anonyme et oppressant en une administration plus immédiate et concrète, permettant le maximum d'autarcie aux plus petites unités locales ainsi reliées dans un système démocratique et extrêmement décentralisé. Une autre revendication essentielle du cercle de Kreisau était la sécurité juridique, donc le rétablissement d'un État de Droit, qui garantirait la liberté de conscience, la tolérance et le respect envers les peuples d'Europe. Sans la constitution d'un État de Droit, aucune politique extérieure ne serait possible. Les crimes commis par les nazis au nom du peuple allemand seraient à punir sans laisser valoir l'excuse d'avoir eu à obéir à un ordre. Ceux qui avaient donné des ordres blessant le Droit naturel et le Droit International Public seraient à inculper en premier lieu. L'Allemagne devrait porter la responsabilité des crimes commis contre les peuples européens, mais les poursuites judiciaires devraient être du ressort d'une nouvelle justice allemande. Le cercle concevait un Droit International Public des Peuples du Monde comme fondement d'une nouvelle communauté internationale des peuples, qui serait alors empreinte d'une nouvelle autorité morale et juridique. Le projet prévoyait la constitution d'un tribunal international de guerre constitué des vainqueurs, de deux représentants de pays neutres et d'un juge du pays vaincu. L'idée était de créer ainsi le "règne du Droit parmi les peuples" du monde entier. Le cercle de Kreisau à tenté d'établir, par l'intermédiaire de ses différents membres, un contact avec d'autres groupes de résistance, comme le groupe qui s'était constitué autour de Franz Sperr au sud de l'Allemagne et qui était en contact avec de hauts officiers, ou encore avec un groupe de leaders travaillistes catholiques de Cologne, et avec le cercle de Fribourg. Malgré tous les efforts pour établir le contact avec la "Rose Blanche" à Munich, ceci n'a pas pu se réaliser avant l'arrestation de ce groupe. Le cercle avait également des contacts avec des communistes modérés non staliniens. A partir de 1943, divers membres du cercle de Kreisau décidèrent de participer activement à des conspirations et prirent contact avec Ludwig Beck, Carl Friedrich Goerdeler, Ulrich von Hassel et Claus Schenk von Stauffenberg. La plupart des membres du cercle furent inculpés de haute trahison après le putsch échoué du 20 juillet 1944, et furent condamnés à mort. Les membres principaux du cercle de Kreisau : Adam von Trott zu Solz Hans-Bernd von Haeften Julius Leber Theodor Haubach Carlo Mierendorff Adolf Reichwein Otto Heinrich von der Gablentz Carl Dietrich von Trotha Horst von Einsiedel Theodor Steltzer Harald Poelchau Hans Peters Son appartenance au cercle de Kreisau ne sera pas découverte par la Gestapo et il survit donc au régime nazi. Alfred Delp Lothar König Il participe activement au cercle de réflexion de Kreisau, et informe les évêques de Fribourg et de Berlin des objectifs de ce groupe. Son engagement dans le cercle de Kreisau sera découvert en septembre 1944, il lui faudra alors se cacher dans la cave à charbon du collège de jésuites Berchman jusqu'à la fin de la guerre. Augustin Rösch Il rejoint le cercle de Kreisau en 1941 et y introduira ensuite Alfred Delp. Les deux ecclésiastiques aident le cercle à surmonter les divergences confessionnelles, afin de poser les bases d'une nouvelle société œcuménique. Par l'entremise d'Augustin Rösch, le cercle de Kreisau entre en contact avec la Résistance catholique. Recherché par la Gestapo après l'attentat du 20 juillet 1944, il est arrêté le 11 janvier 1945, torturé, et demeurera emprisonné jusqu'à la fin de la guerre. Paulus van Husen Hans Lukaschek Eugen Gerstenmaier Le 20 juillet 1944, Eugen Gerstenmaier se trouve avec Peter Graf Yorck von Wartenburg au Bendlerblock, bâtiment du haut-commandement de l'armée de terre, pour accomplir les mesures prévues après l'attentat contre Hitler. Il est arrêté le soir même et accusé de haute trahison, mais ne sera pas condamné à mort. Il est condamné le 11 janvier 1945 à une peine de sept ans de prison ferme.
Liste des 1 commentaires pour cet article :
Posté par visiteur_copier-coller | Mercredi 13 Juin 2007 à 10:56
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Dimanche 19 Mars 2006 à 21:31
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