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Stauffenberg, l'homme qui devait tuer Hitler

Vendredi 03 Mars 2006 à 00:26

Publié par alexdesilesie dans Allemands

Claus von Stauffenberg est cet officier qui s'est dévoué pour tuer Hitler.

Mais l'opération fut un désastre total: Hitler sort presque indemne de l'attentat et Stauffenberg est fusillé. Il ne sera pas le seul une véritable traque commence.

 

Qu'est ce qui amena des hauts gradés de la Wehrmacht à préparer un coup d'Etat?

 

L'Histoire retiendra le geste héroïque de ces officiers, en particulier le sacrifice du comte von Stauffenberg. Mais des zones d'ombre demeurent.

 

Pour commencer, la rébellion se fait très tard, lorsque le haut commandement de la Wehrmacht ne se fait plus aucune illusion sur l'issue de la guerre.

 

Il s'agissait donc surtout d'essayer de sauver ce qui pouvait encore l'être.

 

Déjà, inscrire l'armée allemande dans un mouvement de résistance qui aura fait une action concrète.

 

Ensuite, essayer de se rallier la sympathie anglo-saxonne contre le bolchevisme.

 

Il est peu certain que le nouveau gouvernement militaire allemand ait trouvé un grand soutien parmi les Alliés, qui avaient adopté la position: "une rédition inconditionnelle, sinon rien!".

 

Mais si le coup d’État avait réussi, la guerre aurait peut-être cessé plus tôt et des centaines de milliers de vies humaines auraient été épargnées. Ce n’est qu’à partir de 1944 que l’Allemagne a commencé à subir le pilonnage des forces anglo-américanes. Le succès de l'attentat aurait pu éviter la dévastation de Dresde et les tempêtes de feu qui ont décimé la population allemande. Et la vie de beaucoup de soldats allemands, alliés et russes qui ont continué à mourir sur les divers fronts de la guerre, aurait aussi été épargnée. Et les SS, dans leurs camps de la mort, n'auraient pas pu poursuivre leur entreprise dénocidaire.

 

On s'interroge sur le personnage. Certains se demandent même si Stauffenberg n'a pas fait exprès de louper son coup, tellement il paraît incroyable que cette bombe n'a pas réussi à faire s'envoler le Führer en morceaux. On sait que ce dernier a toujours bénéficié d'une chance insolente, mais tout de même!

 

Certains avis reprochent aussi à Stauffenberg de ne pas s'être sacrifié, en demeurant aux côtés de sa mallette contenant la bombe, pour pouvoir ainsi s'assurer que la bombe ne soit pas déplacée au dernier moment. Ou bien, il aurait pu prendre un revolver et abattre Hitler à bout portant.

 

En réalité, Stauffenberg avait songé au revolver, mais invalide de guerre, (il avait perdu une main, et l'autre ne comptait plus que trois doigts) il ne pouvait plus envisager de se servir d'une arme à feu. De plus, les armes étaient interdites à proximité du Führer. 

 

Quand à rester auprès de sa bombe amorcée, il aurait pu en effet le faire. Mais son but n'était pas de se suicider. Il envisageait sérieusement de réussir son attentat et de pouvoir ainsi être utile à l'élaboration d'un nouveau gouvernement. Il était un des seuls officier à être doté de suffisamment de caractère et d'esprit d'organistation.

 

Stauffenberg à souvent été dépeint comme un héros complet, et on a occulté les aspects troubles de sa personnalité. La tête pleine des idéaux de son mentor le poète Stephan George, il aurait en effet eu tendance de se voir comme un élu destiné à devenir le monarque d'un futur Saint Empire germanique. De plus, son image est parfois ternie par des détraqueurs qui voyent George et son cercle un ensemble de pédérastes douteux. 

 

Son frère Berthold révèle dans son testament, rédigé peu avant son exécution, que lui est son frère ne désaprouvaient pas la notion de supériorité raciale. Ce qu'ils désaprouvaient était seulement les méthodes utilsées à l'encontre des races dites inférieures.

 

En tout cas, Stauffenberg est bien représentatif de cette caste particulière que formaient alors les "Junkers".

 

Ces nobles, propriétaires terriens et soldats de père en fils, constituaient le noyau de l'armée allemande. D'abord ils ont servi le Kaiser dans l'armée impériale, ensuite ils tiennent la Reichswehr pour enfin diriger l'orgueilleuse Wehrmacht.

 

De par son action et son aspect physique séduisant, Stauffenberg est devenu de nos jours une icône romantique de la résistance.

 

 

 

 

Portrait et parcour de celui qui fut un des plus jeunes colonels de la Wehrmacht

 

Claus Philip Maria Schenk von Stauffenberg , fils de Alfred Schenk Graf von Stauffenberg et de Caroline Uxküll-Gyllenband, naît en 1907 à Jettingen, en Souabe, près de Ulm. Il a deux frères aînés, les jumeaux Berthold et Alexandre.

Son père, Alfred K.Ph.Fr.J.M. Schenk von Stauffenberg est né le 27 septembre 1860 à Amerdingen. Il meurt le 20 janvier 1936 à Lautlingen. Il s'est marié avec Caroline Uexkuell-Gyllenband, fille du comte Alfred Richard August Uexkuell-Gyllenband et Valerie Hohenthal le 30..Mai.1904 à Greifenstein.

Caroline est née le 07 avril 1875 à Vienne. Elle meurt le 03 juin 1956 à Lautlingen.

 

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Berthold ,impliqué lui aussi dans l'attentat, sera condamné à être pendu. Alexandre, professeur d'histoire, survivra à la guerre. Alexandre, lui, ne sera jamais vraiment informé de la conspiration car il est jugé trop imprudent.

 

Claus doit lutter au départ contre une santé fragile. Armé d'une volonté de fer, il parviendra cependant à surmonter ses difficultés de santé qui finiront par disparaître à l'âge adulte. Lorsqu'il sera cadet à Bamberg il aura cependant encore des problèmes d'estomac.

 

Pour assurer l'éducation des enfants, les parents Stauffenberg demandent au poète Stefan George de devenir leur précepteur.

 

 

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Le jeune Claus sera d'emblée fasciné par la personnalité austère et charismatique de son professeur.

 

George lui inculque l'idée d'une élite distribuée dans toute la société, éléments d'une société qui serait une sorte de corps mystique de l'esprit engagé dans l'action pour la purifier, la régénérer ou la sauver.

 

C'est le nationalisme allemand, imprégné d'une certaine dose de mysticisme. Cet idéal était présent dans la tête de nombreux jeunes nobles de l'époque, qui comme tout les jeunes (en principe) rêvent de refaire le monde. Ils se veulent les nouveaux preux qui sauront relever l'Allemagne.

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L'humiliation générée par les dures conditions du traité de Versaille est en particulier difficile à digérer pour ces propriétaires terriens, souvent militaires de père en fils. Les enfants ont vu rentrer leurs pères perdants de la guerre, et même si les jeunes nobles, à la différence de la plupart des Allemands, n'ont pas souffert de la faim, du chômage, ils ont eu conscience de la situation dramatique ans laquelle s'est trouvée l'Allemagne à l'issue de la Grande guerre, et ils voulaient "faire quelque chose"!

 

 

     

Ces jeunes Allemands de la caste privilégiée acceuilleront donc favorablement, du moin au début, Hitler et ses idées de réforme.

Le caporal de Bohème ne leur promet-il pas une révision totale des conditions du traité de Versaille? Ne promet-il pas à ces hoberaux traditionnelement soldats, de relever l'Armée réduite à peau de chagrin, justement à cause des points du même traité? 

D'emblée, la personnalité de Stauffenberg plaît. Son commandant de division a retenu par exemple la capacité de Claus d'aplanir les différents. Il recherche et trouve chez chacun le meilleur de lui-même et a une extraordinaire faculté de donner le meilleur de lui-même.

 

                     

Hitler tient parole: la Reichswehr se réarme, grandit en hommes. En 1935, la Luftwaffe recommence discrètement à voler. Les problèmes de chômage se résorbent grâce à la course à l'armement. Un résponsable de tous les maux est désigné: le Juif.

Claus s'interesse beaucoup à l'histoire et à la litterature (Anglaise nottamment) mais choisit la carrière militaire et d'y consacrer sa vie.

En avril 1926 il devient cadet à l'école de cavalerie de Bamberg (17ème régiment de cavalerie), pour le plaisir de l'équitation où le jeune comte excelle, et pour le métier de l'arme, en particulier sous sa forme mécanique de blindés. Cette arme du mouvement et de l'attaque intéresse au même moment le futur Général de Gaulle..

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En 1927/1928 il rentre dans l'Infanterischule de Dresde.

Le dynamisme du jeune homme est apprécié. Il fait toujours bonne figure, sait se montrer un habile diplomate. Il apparaît comme un jeune homme "bien sous tout rapport" et ses superieurs s'accordent à dire qu'il fera un brillant officier de commandement.

En 1930 il obtient le grade de lieutenant, avec une très grande distinction. Il rencontre Elisabeth Magdalena von Lerchenfeld, dite Nina.

Nina, née le 27 aout 1913, a alors 16 ans et est pensionnaire d'une école pour fille à Wieblingen. Elle est la fille du consul général Gustav baron von Lerchenfeld (1871-1944) et de la baronne Anna von Stackelberg (1880-1945). Ils se fiancent à l'occasion de son 23ème anniversaire. Le mariage se fera le 26 septembre 1933 à Bamberg. Nina, tout comme la mère de Claus, est protestante, mais selon la tradition, les enfants seront élevés dans la religion catholique. 

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Le couple aura 5 enfants: Berthold né à Bamberg le 3 juillet 1934 et aujourd'hui général de la Reichwehr, Heimeran né le 9 juillet 1936 à Bamberg, Franz-Ludwig né le 4 mai 1938 à Bamberg, Valerie 15/12/1940-04/06/1966) et Konstanze née le 27 janvier 1945.

Konstanze épousera Dietrich von Schultheiss-Rechberg. 

 

 

En 1934, il est à l'école de cavallerie de Hannovre, spécialité armes modernes (panzers). Suite à la nuit des longs couteaux (Hitler ordonne le massacre de ses fidèles SA, devenus trops embarrassants, en faveur des SS) Stauffenberg est amené à se poser de sérieuses questions sur le nazisme.Ce catholique convaincu est choqué, et se confie au lieutenant-colonel Hans Walzer, son chef d'escadron. les deux hommes sont d'accord que ce ne sont pas des méthodes et que l'Eglise devrait prendre position.

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Mais les choses suivent leurs cours, et l'armée se rétablit au delà des éspérances des militaristes; en 1935 la nouvelle armée est née: la Wehrmacht.

En 1936, Stauffenberg est admis dans le college d'Etat Major à Berlin Moabit, une école superieure d'officier d'état major. Deux ans plus tard, en été 1938, il est gradué. C'est brillant car cette école accepte seulement quinze pour cent des candidats et sur trois parmi les retenus est gradué pour l'état-major. Mais il fera mieux, bientôt, en devenant le plus jeune officier d'etat-major, à moin de 36 ans.

Non content d'exceller dans ses études, Claus lit voracement et devient un lecteur passionné de livres d'histoire militaire, d'hitoire générale, de politique, de plhilosophie, psychologie (discipline qui lui servira beaucoup), économie et littérature classique. Il apprend aussi à parler couramment l'anglais, le Russe. Il parle français avec aisance.

En dehors de son exterieur militaire, Stauffenberg est un pur esthète. Il est féru de littérature ésotérique et de romantisme médiéval.

Le jeune officier est décrit dans son travail comme très actif, capable d'abattre une couche importante de besognes, d'effectuer même diverses tâches en même temps. Il savait faire différentes choses avec le même degré de  concentration.

En 1938 il a donc achevé sa formation d'officier d'état-major. Sous les ordre du général Erich Hoepner avec lequel il a particip à l'annexion des Sudètes.

Il participe à la campagne de France dans la section logistique de la 6ème division de Panzer qui progresse par les Ardennes.

Début juin 1940, juste avant l'assault de Dunkerque, il est transferé au Grand Commandement.

Il participe aux 18 premiers mois de la campagne opération Barbarossa.C'est là que ses premières grandes désillusions à propos du régime nazi lui viennent. Il est profondément écoeuré et lance un jour à un autre officier: "Il n'y a donc pas un seul officier parmi le Haut-Commandement qui soit capable d'abattre cette bête! Il faut le tuer, et je me prépare personnellement à le faire!" Mais il ne peut mette tout de suite ses projets à exécution: pour celà il faudrait avoir un poste qui lui permette d'approcher Hitler de près, ce qui n'est guère évident.

Il rencontre von Tresckow qui l'instruit des différents mouvements de résistance.

Dans le but d'atténuer la brutalité de l'Occupation, il établit une armée de volontaires russes qui doit combattre aux côtés de la Wehrmacht, l'Armée Russe de Libération. La plupart de ces volontaires sont d'anciens soldats de l'armée Rouge. En 1943, De 130000 à 150000 de ces volontaires serviront dans 176 bataillons et 38 compagnies.    

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Stauffenberg fréquente déjà quelques cercles de résistance contre le nazisme, à l'exemple du cerle de Kreisau, fondé par Helmuth Graf von Moltke. Les membres, des intellectuels provenants de diverses horizons, ont en commun une vision du monde humaniste, fondée sur l'éthique chrétienne.

Ceux de Kreisau (le nom vient du lieu de réunion: le domaine de la famille von Moltke à Kraisau , en Silésie de 1940 à 1943) se représentent l'Allemagne post hitlérienne comme un état démocratique et civil, un état de droit assurant le respect des droits de l'homme. Ils souhaitent que la nouvelle Allemagne soit ouverte au monde occidental dans la perspective d'une union européenne.

Stauffenberg est une sorte de trait d'union entre les différents groupes de résistance. Il s'agit de coordonner le projet de coups d'état. Malheureusement, tous les résistants ne sont pas doté du dynamisme et du sens pratique du jeune comte.

Stauffenberg est donc contraint de ronger son frein. Parallélement, il exerce sa fonction d'officier de la Wehrmacht avec zèle. Il s'efforce cependant d'éviter de tremper dans la barbarie ambiante, surtout lors de la campagne de l'Est.. 

Le premier janvier 1943, Stauffenberg est nommé lieutenant-colonel.

Lorsque Hitler condamne froidement une des meilleures armée du Reich, la 6ème Armée, à disparaître dans la glacière de Stalingrad, Stauffenberg n'y tient plus. Il envisage plus que jamais d'organiser un complot contre Hitler.

Ulcéré, il cherche à convertir le général Meinstein à ses vues, et s'engage pour les opérations d'Afrique du Nord aussitot après le désastre de Stalingrad. Il est affecté dans la 10ème division de Panzer de Rommel en Tunisie, lorsque elle en est justement à ses derniers jours sur le pasage de Kasserine.

Le 7 avril 1943, il est grievement blessé par l'attaque d'un chasseur-bombardier anglais, un jabo, du même type qui blessera Rommel en juillet 44. Provisoirement aveugle, Stauffenberg perd un oeil, la main droite, les 4ème et 5ème doigts de la main droite et aura des graves séquelles au genou.

Les médecins doutent de ses chances de survie, et quand bien même, ils sont certains que le jeune offcier ne retrouvera jamais l'usage de son oeil restant.

Il ira d'abord dans un hopital de Munich, où il aura l'occasion de faire ses premiers vrais contacts avec la résistance, ensuite il rentre chez lui dans son domaine des Lautlingen au début de l'automne. Il lui faudra plusieurs mois de convalesence avant de reprendre pied.         

                        cliquez moi Stauffenberg et ses enfant$s

Un autre homme aurait sans doute renoncé à sa carrière, mais pas Stauffenberg. Il apprend à se servir de ses trois doigts restants, et il rédige une lettre à ses superieurs annoncant son intention d'abréger sa convalescence et de reprendre du service.

Il confie à sa femmme qu'il se sent investi de la mission de tenter un acte pour sauver l'allemagne.

Malgré ses  handicaps, il conservera cependant sa place au sein de l'armée et obtiendra même le grade de colonel. Il devient un officier de renom au sein du haut commendement.

En septembre 1943, il entre comme chef d'état-major dans le service général des armées. De cette façon, il entre réelement dans le cercle fermé des opposants au régime. Son nouveau supérieur est le général Friedrich Olbricht qui, depuis 1938, est l'un des moteurs de la résistance militaire.

Il est actif dans les complots. Il s'entretient avec le colonel Henning von Tresckov, déjà conspirateur convaincu et actif., et avec le leader politique Goerdler. Goerdler et Stauffenberg ne s'entendent cependant pas complètement: En effet, le jeune officier, refuse de se laisser enfermer dans une secte conservatrice et souhaite un gouvernement où seront présentes toutes les idées. Il impose ainsi à Goerdeler, pour le futur gouvernement, un homme de gauche, Julius Leber, comme vice-chancelier.

Les conjurés se voyent comme première tâche, une fois Hitler renversé et leur gouvernement établi, de négocier une paix immédiate, sans condition, mais cependant non mutilante pour l'espace allemand.Stauffenberg devait être secrétaire d'Etat aux armée.

Malgré ses indubitables dons de conviction, Stauffenberg a l'impression de prêcher dans le désert! Tout le monde est d'accord qu'il faut se débarrasser d'Hitler et de sa clique, mais bien entendu; personne ne veut se dévouer. Les Alliés se désinterressent complètement des cerles de conjurés, doutant (avec quelques raisons!) de leur sérieux, et de toute façon, désireux de décider du sort de l'Allemagne quand ils l'auront vaincu, ce qui ne saurait plus trop tarder.Les arguments du style "tous unis contre Staline" ne prennent pas. Les Alliés sont décidés d'en finir avec l'Allemagne, et les divergeances internes de quelques officiers de l'état-major et d'une poignée d'intellectuels ne les interressent pas. Si encore ils y avaient songé plus tôt à ce putch...

Il est fort probable que même si ils réussissaient leur coup d'état, les conjurés auraient été contraints à poursuivre la guerre après avoir établi leur nouveau gouvernement. Les Alliés exigeaient une capitulation sans condition. Stauffenberg et ses amis ignoraient à ce moment là la ferme position des Alliés et croyaient pouvoir négocier la fin de la guerre sans devoir amputer l'Allemagne de certains de ses territoires. 

Dans les cercles de conspirateurs, on se concerte, on élabore des plans, des projets, on dicute, on se tâte, on hésite, on reconsidère et surtout...on perd du temps. Les choses traînent en longueur, jusqu'à ce que la Gestapo lance un mandat contre Goerdler. Himmler, qui ne pouvait ignorer ce qui se tramait, a du être à l'origine de cette intervention, très vraissemblablement pour pousser les conjurés à enfin faire quelque chose de concret. Il comptait ainsi les prendre sur le fait si la tentative échouait, et se débarrasser ainsi de tête qu'il estimait avoir trops vue, et surtout discréditer définitivement la Wehrmacht au profit des SS. Si par contre l'attentat réussissait, tant mieux: les conjurés travaillaient pour lui il pourrait prendre la place de Hitler.

La principale cause des hésitations des conjurés semble être que ceux-ci cherchaient à se débarrasser de Hitler, mais aussi de Himmler et de Goëring. Mais bien entendu, ils n'étaient jamais tous les trois présent ensemble, et l'attentat était à chaque fois différé.

 

              .    

Stauffenberg n'y tient plus et se dit que si lui ne le fait pas, personne ne se décidera.

Il se désigne donc comme volontaire, d'autant plus que sa nouvelle fonction de chef d'état-major de l'armée de réserve du général Fromm, lui permet d'avoir désormais accès aux conférences de la Tanière du Loup.

lui permet d'aprocher Hitler de près, chose qui n'était pas donnée à tous les officiers superieurs!

Claus Schenk Graf von Stauffenberg, le lieutenant Fritz-Dietlof Graf von der Schulenburg, le lieutenant von Kleist et le capitaine Axel Freiherr von der Bussche-Streithorst projettent de tuer Hitler le 11 février en faisant exploser une bombe lors d'une présentation d'uniformes dans la Wolfsschanze, le "Rempart des loups", le quartier général d'Hitler.

Von der Bussche était prêt à dissimuler l'explosif dans la poche de son pantalon, à déclencher le détonateur et à se jeter sur Hitler pour l'empêcher de fuir jusqu'à l'explosion. Il devait utiliser un détonateur de grenade avec un mécanisme de retardement de 4,5 secondes qui était bruyant, mais il pensait pouvoir couvrir le bruit en faisant semblant de tousser pour s'éclaircir la voix. Il avait également un long couteau caché dans sa botte, au cas où le détonateur ne fonctionne pas.

L'attentat ne pourra pas se faire, car la présentation d'uniformes n'a pas pu avoir lieu, étant donné que le matériel à présenter avait brûlé dans le train qui le transportait lors d'un bombardement allié. le 11 mars, Claus Schenk Graf von Stauffenberg et son entourage attribuent cette fois au capitaine de cavalerie Eberhard von Breitenbuch le rôle de tuer Hitler avec une arme à feu lors d'une réunion au Obersalzberg.

Von Breitenbuch, en tant qu'officier d'ordonnance, avait l'une des rares opportunités de pouvoir approcher le dictateur. Mais une fois de plus, le projet d'attentat ne se concrétisera pas: en dernière minute, il a été décidé d'interdire la présence des officiers d'ordonnance, par mesure de protection renforcée.

Le 6 juillet, Stauffenberg se désigne comme volontaire pour un attentat à la bombe dans la Wolfsschanze , mais Hitler et Göring se désistent.

La tentative aura finalement lieu le 20 juillet, dans la cabane de Rastenburg, dans l'est de la Prusse. Stauffenberg déplore que la réunion se passe dans cette cabane au lieu du bunker attendu, car il fait une chaleur étouffante. Bien entendu, les fenêtres de la légère cabane en mélèze sont grandes ouvertes. Stauffenberg se dit que celà va atténuer l'effet de la déflagration. Autre mauvaise nouvelle: ni Goering, ni Himmler ne sont présents. Troisième mauvaise nouvelle: une seule des deux charges a pu être enclanchée, faute de temps.

Stauffenberg abandonne une malette chargée d'explosifs avec un simple minuteur d'une dizaine de minutes sous la table de conférance, contre un des lourds pieds du meuble.

D'un abri proche il est témoin de la terrible explosion et est convaincu que personne ne peut survivre à une telle détonation. Lui et son aide de camp, le lieutenant Werner von Haeften, quittent rapidement le camp fortemen gardé, jouent de ruse pour forcer les barrages, et s'envolent dans un Heinkel He111 prêt à décoller. 

Réunis rue Bendler les conjurés apprennent avec horreur que l'attentat a été manqué. Hitler, déjà remis de ses légères blessures, s'offre même le luxe de recevoir comme prévu son ami Mussolini. Il montrera fièrement à ce dernier l'état de la cabane dans laquelle il se trouvait lors de l'explosion.

Qu'à cela ne tienne! Aux côtés d'un Beck assez passif, il organise activement de la Bendlerstrasse (état-major de l'armée) les préliminaires du soulèvement, jusqu'à 10 heures du soir passées. Mais Hitler, à peine blessé, laisse volontairement se mettre en place le dispositif pour mieux le briser.

Le même soir, Stauffenberg, Olbricht, von Quirnheim et von Haeften, sont passés par les armes, tandis que Beck a obtenu la permission de se suicider avec son revolver. 

                                                                                          

 "Il est désormais temps de faire rapidement quelque chose. Mais l'homme qui aura le courage de faire quelque chose doit le faire en sachant qu'il restera dans l'Histoire comme un traitre. S'il ne le fait pas cependant, c'est sa conscience qu'il trahira."

Claus Schenk von Stauffenberg, juillet 1944

 

 

"Le monde est dangereux à vivre non à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire"

                                                           Albert Einstein

                                                   

 

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A consulter sur le net:

 

http://www.joric.com/Conspiracy/Stauffenberg-Outlook.htm  en anglais : un riche échantillons d'extraits du livre "Stauffenberg and The Mystical Crusade Against Hitler"de Michael Baigent et Richard Leigh et du livre "Stauffenbergé de Joachim Kramarzhttp://www.moreorless.au.com/heroes/stauffenberg.html  en anglais, portrait de CS et récapitulatif des faits. 

http://rperot.free.fr/index2.htm en français: site consacré à l'opération Walkyrie

http://www.lpub.bwue.de/stauffenberg/unterseiten/tafeln/tafeln.htm  en allemand, pour connaître la généalogie des Stauffenberg

 

A lire

 

SANDOZ, Gérard, Ces Allemands qui ont défié Hitler, Histoire de la Résistance allemande, Ed. Pygmalion, 1995

 

 

 

 

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