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Les accusés de Nuremberg

Jeudi 14 Septembre 2006 à 23:20

Publié par alexdesilesie dans Allemands

Nuremberg 1946

 

 

D’après un test, tous les accusés de Nuremberg ont une intelligence au dessus de la moyenne, sauf un, Streicher.

 

Goering est nominé troisième au hit parade des cerveaux nazis. Vexé de ne pas être le premier, il demandera de refaire le test.

 

Chaque prisonnier doit nettoyer lui même sa cellule.

Goering préfère vivre dans un endroit sale et en désordre pour ne pas s’abaisser à cette tache humiliante

 

En 1946 Goering cet héros de la guerre de 14, aux  22 victoires aériennes a 53 ans.

En 1922 il épouse une riche comtesse suédoise et rencontre Hitler. Lié a l’aristocratie et à la banque il a joué réellement  un rôle important dans la montée du Parti.

 

Jusqu’en 1940 Goering est le numéro 2 du Reich, il porte des uniformes fantaisistes, mène un train de vie grotesque et est un des plus grands pillards d’œuvres d’art.

 

 

               

                              Goering

 

Goering revendique haut et fort son rôle primordial dans l’ascension du régime national socialiste.

 

 

Chaque prévenu, assisté d’un avocat, doit assurer sa défense.

 

 

Dans le cas de Goering, ses convictions émanaient surtout de sa soif de pouvoir personnel a la différence d’Hitler qui avait de réelles convictions.

Il complétait très bien Hitler, il concevait son rôle comme celui d’assurer le bon fonctionnement du pouvoir.

 

Tout au long du procès, Goering se montre constamment  cabot et cynique, arrogant et puéril dans ses attitudes.

 

Depuis qu’il est en prison, le morphinomane est sevré de drogue et maigrit.

 

Il tente d’influencer ses camarades de détention, il pense toujours être le successeur d’Hitler.

 

Pour cela, les Alliés décident que le Reichmarchal prendra désormais ses repas seul. Ce dernier fulmine :

« Il ne faudrait pas perdre de vue que vous avez affaire à des personnages historiques ».

« J’étais le successeur d’Hitler, c’est à ce titre que je me présente au peuple allemand ».

 

19 février 1946. Un film sur les atrocités nazies doit être présenté. (Libération du camps d’Auschwitz ). Les accusés sont tendus. Ils savent que les images ont un impact fort.

 

Le monde voit alors les fours crématoires, le zyklon B le gaz pour tuer à grande échelle…

Dans la pénombre, les accusés sont figés. Ils ne supportent pas la vision de ces cadavres, de ces ossements

 

Excédé Goering détourne le regard. Ils accusera les russes de s’être servi de cadavres allemands pour faire croire à un génocide.

 

A la question : « N’est ce pas vous qui avez introduit les camps de concentration en 1933 ? »

 

Goering admet tout a fait les avoir introduit, mais pour les communistes et non pour tuer des gens. Il affirme n’avoir pas voulu exterminer les juifs, désirant seulement ls chasser d’Allemagne, les envoyer ailleurs, en Palestine par exemple.

 

Ces criminels nazis sont souvent de formation universitaire, dans un pays de grande culture.

 

 

10 avril 1946

 

Coup de tonnerre ! Rudolf Höss le commandant d’Auschwitz, arrêté il y a juste un mois par les anglais arrive comme témoin capital.

Pour la première fois le génocide est raconté par l’homme qui l'a exécuté.

 

 

                   

                                Rudolf Höss

 

Il y a des mots qui glacent et Hoess les prononce, sur un ton administratif, il détaille la sélection, les bagues arrachées aux cadavres pour être fondues…

La barbarie bureaucratique des nazis apparaît aux yeux de tous.

 

Hoess a été mis a l’isolement complet. Il veut tout dire, et se justifier en même temps, le lieutenant colonel SS ne se retrouve pas au banc des accusés cette fois, mais il comparait comme témoin. Il sera plus tard jugé condamné et pendu par un tribunal polonais.

 

Höss se raconte au psychiatre. Extraits :

« Je suis d’une famille aisée. J’aurais bien été missionnaire en Afrique. Finalement j’ai été soldat, je me suis marié et eu 5 enfants. Ma femme n’a rien su jusqu’en 1942.

J’avais une maison qui se trouvait juste devant les portes du camp. Je n’ai pas de problèmes sexuels. A 17 ans j’ai eu ma première expérience avec une infirmière de Damas.

Les voix de garages les conduisaient à Birkenau, là, on les faisait se déshabiller pour les envoyer en chambre à gaz. »

 

« Himmler l’avait ordonné et je me suis jamais demandé en moi-même si s’était mal. »

 

« Personnellement je n’ai tué personne j’étais juste le directeur du programme à Auschwitz. »

 

Le psychiatre note : « Hoess n’a ni morale ni sens étique. Sa conscience super égo reste de caractère psychopathe. Aucune tendance au suicide. »

 

Le psy -A votre avis, quel devrait être votre châtiment ?

Hoess  -Etre pendu.

 

Le cas de Hoess est intéressant psychologiquement car il montre l’existence de toute  une couche d’organisateurs qui n’ont commis aucun meurtre de leur propre main, mais qui ont mis en place tout un plan d’extermination. Hoess est capable de décrire tous les processus d’extermination sans qu’il n’y ait de dimension morale.

 

 

Goering souffre d’une migraine et d’une sciatique depuis plusieurs jours, symptôme qui lui servent surtout à éviter les séances de comparution devant le tribunal depuis que Hoess a témoigné, car il sait que son témoignage à fait forte impression.

 

"J’ai le sentiment que tuer les femmes et des enfants ne sont pas des procédés d’homme du monde."

"Je n’ai jamais été antisémite."

 

Ce que Goering ignorait sans doute, c’est comment techniquement les camps fonctionnaient pour exterminer les gens, en revanche il ne pouvait ignorer que des centaines de milliers de juifs étaient exterminés

 

 

Aucun des accusés ne reconnaîtra son implication dans le système criminel. Nulle trace de remord. Ils demeureront nazi jusqu’à la corde !

 

A l’étonnement général, Julius Streicher 61 ans, ancien instituteur, créateur et dirigeant durant 22 ans du journal antisémitique Der Sturmer. (Passe temps favori, la collection d’image pornographiques), continue même à revendiquer haut et fort son antisémitisme.

Il reconnaît que les manifestations anti-juive d’avant guerre étaient de véritable pogroms organisés.

 

Les autres accusés tentent, eux,  de se décharger de leur antisémitisme, et ils trouvent que Streicher est trop radical en clamant son antisémitisme à Nuremberg.

 

Streicher se proclame éminent spécialiste des juifs.

 

Plusieurs tests psys ont été faits. Verdict : il n’était pas fou mais souffrait d’un déséquilibre mental avancé, une forme de paranoïa sur les Juifs, une haine excessive et maladive des juifs.

Un homme à l’intelligence limitée, un ignare, un vieux psychopathe.

 

J’ai la conscience aussi tranquille qu’un bébé. Je n’ai entendu parler d’Auschwitz que maintenant. Je suis antisémitique, mais je n’ai jamais voulu exterminer des femmes et des enfants. Aucun accusé n’a voulu cela.

 

Au lieu de monstres et de sadiques, les accusés se présentent comme des fonctionnaires zélés.

 

Le monde découvre avec stupeur à quel point, face à l’énormité des crimes commis,  les accusés avaient rayé de leur esprit toute dimension de regret.